1,5 million d’échanges analysés : ce que ChatGPT révèle sur nos usages réels de l’IA
Une étude OpenAI révèle comment l’IA est réellement utilisée au quotidien, et ce que cela change pour la productivité et la prise de décision.
Depuis trois ans, l’intelligence artificielle générative s’installe progressivement dans notre quotidien professionnel et personnel.
Mais au-delà des discours, une question demeure : comment est-elle vraiment utilisée par les consommateurs ?
Pour y répondre, OpenAI et l’économiste David Deming (Harvard) ont publié en septembre 2025, via le National Bureau of Economic Research, la plus grande étude jamais réalisée sur le sujet. Elle s’appuie sur l’analyse de 1,5 million de conversations avec ChatGPT.
L’ampleur de l’échantillon et la méthodologie retenue offrent pour la première fois une vision précise et chiffrée des usages réels de l’IA.
1) Qui utilise ChatGPT ?
Le premier enseignement de l’étude concerne la démocratisation de l’outil. En janvier 2024, à peine 37 % des utilisateurs portaient un prénom typiquement féminin. Dix-huit mois plus tard, en juillet 2025, cette part atteint 52 %, ce qui reflète une adoption désormais équilibrée entre hommes et femmes. L’IA n’est donc plus un terrain réservé aux profils technophiles masculins, mais un outil adopté à l’échelle de la population générale.
Autre constat : ChatGPT connaît une croissance particulièrement rapide dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Le taux d’adoption y est quatre fois supérieur à celui observé dans les pays riches. Cette dynamique confirme que l’IA, loin d’être réservée à une élite occidentale, devient un outil universel, dont l’accessibilité dépasse largement les frontières et les niveaux de développement.
2) À quoi sert ChatGPT ?
L’étude met également en lumière la diversité des usages. Les chercheurs distinguent trois grandes catégories.
La première, “Demander”, représente environ la moitié des conversations. Les utilisateurs sollicitent ChatGPT comme une source de conseils ou d’informations, que ce soit pour comprendre un sujet, trouver une solution pratique ou se faire accompagner dans un choix.
La deuxième, “Faire”, correspond à environ 40 % des interactions. Elle inclut toutes les tâches exécutives : rédiger un texte, structurer un plan, créer un contenu ou encore générer du code. Dans cette catégorie, un tiers des usages est directement lié au travail.
Enfin, la troisième catégorie, “Exprimer”, reste minoritaire (11 %). Elle regroupe les usages liés à l’expression personnelle, la réflexion, l’exploration ou simplement le jeu.
En résumé, trois quarts des échanges concernent des tâches quotidiennes et pratiques. L’écriture est l’usage professionnel le plus courant, tandis que le codage et l’expression personnelle demeurent des activités de niche.
3) Comment l’usage évolue-t-il ?
Un autre enseignement majeur est la répartition entre usage professionnel et usage personnel. Aujourd’hui, environ 30 % des interactions sont liées au travail (productivité, rédaction, planification), tandis que 70 % relèvent d’un usage non professionnel (organisation de la vie quotidienne, aide aux décisions personnelles, gain de temps).
Ces deux catégories sont en croissance constante, ce qui souligne le double rôle de ChatGPT : à la fois outil de performance au bureau et soutien dans la sphère privée.
Plus intéressant encore, l’étude souligne que ChatGPT crée de la valeur économique qui échappe aux indicateurs traditionnels comme le PIB. L’IA ne se contente pas de produire plus vite. Elle aide à améliorer le jugement, à réduire la charge mentale et à soutenir la prise de décision, en particulier dans les métiers de la connaissance, où l’exactitude et la clarté comptent autant que la rapidité.
Cette analyse des usages réels montre à quel point l’IA n’est plus un gadget ni un rêve hors de portée. Reste alors la question centrale pour les dirigeants : comment structurer et gouverner ces usages pour en faire un avantage compétitif réel plutôt qu’un simple effet de mode ? J’explore précisément cette dimension stratégique dans cet article.
Maîtriser les risques de l’IA : un avantage concurrentiel pour les ESN
Depuis 2023, l’intelligence artificielle générative s’est installée dans les ESN et les cabinets de conseil sans décision stratégique formelle. Elle n’est pas arrivée par un programme piloté au niveau du COMEX, mais par une accumulation d’usages individuels progressivement normalisés. Un consultant l’utilise pour structurer une note, un avant-vente pour reformuler une proposition, un manager pour accélérer une analyse ou préparer une restitution client.
4) Ce que cela signifie pour les PME et ETI
Pour les dirigeants, ces résultats confirment que l’IA n’est plus un gadget réservé aux start-up de la Silicon Valley. Elle est en train de devenir un réflexe universel, utilisé au quotidien par des millions de personnes. Les usages les plus fréquents comme chercher une information, rédiger un texte ou organiser un planning, sont directement transposables dans le fonctionnement d’une PME ou d’une ETI. Ils ne nécessitent ni infrastructure lourde, ni compétences techniques particulières.
Autrement dit, l’IA est prête à être intégrée dans les processus de travail dès aujourd’hui. Les gains ne se limitent pas à la productivité immédiate, mais concernent aussi la qualité des décisions prises et le temps libéré pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Qu’en conclure ?
OpenAI va jusqu’à suggérer que l’accès à l’IA devrait être considéré comme un droit fondamental, au même titre que l’accès à Internet.
Si cette vision peut sembler ambitieuse, elle traduit une réalité déjà mesurable : ChatGPT n’est plus un outil marginal, mais un compagnon de travail et de vie quotidienne, qui transforme la manière dont nous cherchons, réfléchissons et décidons.
Pour une PME ou une ETI française, la question n’est plus de savoir si l’IA doit être testée, mais plutôt quels cas d’usage simples mettre en place dès maintenant pour créer de la valeur concrète.
Je partage chaque semaine ce type de synthèse claire, sans jargon et directement utile pour vos décisions stratégiques.
Gabrielle, votre copilote marketing.
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